Energie : on fait quoi maintenant ?

Par Jacques Leclerc

Suite aux différents conflits militaires (Russie, Golfe persique) qui fragilisent l'exploitation, le raffinage et le transport des hydrocarbures, les prix à la pompe ont bondi de 1,65 € /litre en début d'année à 2,41€ pour la gazole, 2,26 € pour le SP 95 et 2,28 € pour le SP 98; cette situation, qui ampute gravement le pouvoir d'achat des automobilistes réguliers, n'était pas inéluctable. Car là aussi, comme pour le nucléaire, nos gouvernements, droite et gauche confondues, ont pris des décisions prématurées (et unilatérales) d'interdiction et de fermetures dont les Français subissent aujourd'hui les conséquences directes sur leur facture. Il y a tout lieu de penser que d'autres crises surviendront, de plus en plus graves et le tout électrique ne sera pas la seule solution, en concurrence avec d'autres usages (IA notamment). Alors que faire pour préparer l'avenir ?

Le raffinage

Il y avait 12 raffineries de pétrole en France il y a 20 ans, il n'en reste plus que 6 aujourd'hui. Pourquoi ne pas réinvestir dans de nouvelles capacités de raffinage, en intégrant les biocarburants ?

L'exploitation

La France dispose d'un important gisement de pétrole au large du département de la Guyane, qui pourrait nous assurer une indépendance énergétique, à un prix d'ami, mais, sous la pression des écologistes, elle a interdit de l'exploiter, alors que tout autour d'elle, le Vénézuela, le Surinam et le Guyana exploitent des quantités considérables de pétrole. Une fois de plus, cette décision, justifiée dans son principe théorique, ne tient pas la route face au réel. Car chaque année, ce sont encore 75 millions de tonnes de pétrole qui sont importées par la France, qui est donc loin de tourner le dos aux énergies fossiles. Et en plus, nos compatriotes Guyanais sont pour, car ils seraient les premiers à en bénéficier ! Nous demandons qu'en attendant d'avoir complètement supprimé notre dépendance à ces énergies, ce qui risque de prendre plus de temps que prévu, nous relancions les permis de recherche et de forage dans ce secteur.

Le gaz de schiste

L'extraction et l'exploration du gaz de schiste sont strictement interdites en France depuis 2011, mais le pays continue d'en importer sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). La France et la Pologne étaient considéres comme les pays à plus fort potentiel. Exploiter ces richesses de notre sous-sol représenterait une formidable opportunité pour permettre à notre pays de bénéficier d’une énergie à moindre coût et de réduire nos importations et notre dépendance aux pays gaziers. Hé bien non, ce n'est pas possible à cause d'une minorité (manipulée par l'étranger ?) qui s'y oppose. Certes, la technique de fracturation hydraulique est jugée néfaste pour l'environnement, avec l'injection de produits chimiques, et une grande quantité d'eau, mais il semble qu'on se soit un peu trop attardé sur les premiers forages américains réalisés par des non professionnels et sans contrôle. Nous demandons au moins qu'on puisse évaluer dès maintenant le potentiel de notre sous-sol en attendant de développer des techniques moins invasives.

L'hydrogène

La filière hydrogène est en panne alors qu'on pourrait la développer massivement grâce aux ENR, qui autrement ne servent à rien. En effet, l’électrolyse ne récupère en électricité que 30% de l’énergie initiale. On gaspille donc 70% du combustible, mais avec du renouvelable (vent, soleil) ce n’est pas un problème. En outre une éolienne est un générateur électrique en elle-même et donc pas de perte thermodynamique à ce niveau. On peut stocker cet hydrogène avant distribution, s’exonérant en grande partie de l’effet intermittent. Chaque technologie a son utilisation, et il semble que les ENR aient été faits pour l’hydrogène. Mais comment financer les infrastructures de stockage et distribution ? Plutôt que de taxer ces profits pour gonfler encore inutilement la dépense publique, ne vaudrait-il pas mieux les rediriger pour financer cette filière hydrogène qui peine à décoller, par exemple en autorisant EDF (ou ENEDIS) à signer un partenariat public-privé avec Total qui dispose d’ailleurs déjà de parcs éoliens sur le territoire. Et avec d’autres opérateurs aussi. Voilà une occasion de croissance.

Alors ? Alors il est temps de réviser de fond en comble notre politique énergétique.