Affaire Quentin : les trois décisions qui ont fracturé la France

Par Jean Guicheteau

Au-delà du cas tragique de la mort du jeune Quentin, battu à mort par des extrémistes de gauche et de la violence révélée des "antifas", cette affaire et les réactions qu'elle a provoquées dans l'opinion publique appelle une réflexion plus profonde sur l'état de notre société et comment nous en sommes arrivé là, suite à une série de mauvaises décisions prises depuis 50 ans. Car cette situation conflictuelle est la résultante de décisions-ou non décisions- politiques précises adoptées par esprit de facilité immédiate sans en mesurer les graves conséquences à terme.

Le refus de la sélection à l'université

Suite à Mai 68, la réforme Edgar FAURE a supprimé toute sélection pour l'entrée à l'université. Il en a résulté un afflux d'étudiants en premier cycle universitaire, étudiants qui n'ont pas pu aller au-delà ou dans des spécialisations où l'offre d'emploi était insuffisante. Ces étudiants ont du se rabattre sur des emplois moins qualifié, situation qu'ils ont vécu parfois comme une trahison des promesses faites par l'enseignement supérieur. Les réformes proposées par la droite (comme DEVAQUET en 1986) ont été combattues dans la rue et aucune majorité politique ne s'est ensuite aventurée à réformer l'entrée à l'université, considérée comme un droit acquis des bacheliers. En contrepartie, les formations supérieures soumises à sélection, comme les grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce, ont été favorisées, créant un système d'enseignement à deux vitesses.

Quand on observe le curriculum des députés LFI, on s'aperçoit qu'un grand nombre d'entre eux sont diplômés de l'enseignement supérieur, mais dans des filières sans débouchés suffisants ce qui les conduit à renoncer la plupart du temps à leurs projets professionnels et de promotion sociale, suscitant chez eux une déception, de la colère et le désir de renverser la table.

L'immigration comme solution

Dans les années 70 la massification de l'école avec le prolongement de la scolarité a créé un déficit de main d'oeuvre peu qualifiée dans l'industrie, notamment automobile et sidérurgique. Une solution aurait été, comme dans d'autres pays (Japon), de pousser la robotisation. Au leiu de cela, le patronat a préféré solliciter les gouvernement pour faciliter la venue de travailleurs étrangers, notamment du Maghreb. On est allé les chercher sur place, mais il a fallu les loger et on a utilisé pour cela les grands ensembles péri-urbains construits dans les années 60, dans lesquels ils se sont entassés. Pour eux c'était un progrès, mais pas pour leurs enfants qui se sont sentis piégés dans ces quartiers et sans possibilité de promotion. D'où la délinquance, le trafic de drogue et même les émeutes urbaines récurrentes.

La mondialisation heureuse ? Pas pour tout le monde

Elle prend deux formes complémentaires : l'abaissement massif des barrières tarifaires et la liberté absolue des mouvements de capitaux. Ces choix réalisés au début des années 90 ont accéléré la désindustrialisation de la France, les pouvoirs publics et patronaux n'ayant pas mesuré l'impact social et productif de ces mesures qui permettent de pouvoir facilement faire fabriquer partout dans le monde et ré-importer ensuite à un coût très faible sans droits de douane. Une grande partie de la France rurale du centre de la France s'est retrouvée ainsi condamnée au chômage ou contrainte aux petits boulots mal rémunérés, avec l'impression d'être abandonnée par les pouvoirs publics, d'où d'ailleurs l'abstention massive, les Gilets jaunes ou le vote RN.

Cette situation sociale dégradée est explosive pour notre pays, le jour où ces trois catégories sacrifiées se regrouperont en une seule. Il est donc urgent d'engager une nouvelle politique de formation, d'aménagement du territoire et de contrôle de l'immigration qui nous permettront d'éviter cette échéance dramatique.