Macron : dix ans de perdus
Par Jean Guicheteau
C'est le moment du bilan, à 12 mois d'une campagne électorale majeure. Et les mauvaises nouvelles continuent à s'accumuler : déficit budgétaire et social record, immigration légale record, pauvreté et précarité en hausse, impôts en hausse, insécurité en hausse, narcotrafic en hausse, islamisme en hausse, éducation en ruine, forces de police réduites à la mendicité, parlement décomposé, démocratie en baisse, libertés en baisse... Et on pourrait continuer. La faute à MACRON ? Vraiment ? Oui, cent fois oui. Car quand on a prétendu vouloir tout changer et tout gouverner depuis son bureau, en ayant accaparé tous les pouvoirs, y compris ceux du gouvernement, on ne peut pas s'exonérer d'une responsabilité accablante.
Le bilan est bien faible et même la "réforme" des retraites est remise en cause, les baisses d'impôts et la "politique de l'offre" aussi. Alors qu'est-ce qui n'a pas marché ? D'abord le mode de gouvernance, désastreux, très centralisé, fait principalement de communication et d'annonces la plupart du temps non suivies d'effets concrets, faute de pouvoir s'appuyer sur des relais, ministres, parlementaires, militants... Ainsi on a évoqué un nouvel "acte de décentralisation" après la crise des "gilets jaunes", projet réitéré ensuite mais jamais commencé.
Le fardeau de la sphère publique
Ensuite, on ne s'est pas confronté au véritable problème de la France, l'inefficacité de la sphère publique, qu'il eut fallu d'abord réduire et ensuite réformer profondément, c'est à dire structurellement de l'intérieur. On a même aggravé la situation locale en supprimant la taxe d'habitation, principale ressource des communes.
Dix ans de perdus, alors qu'il y avait urgence, dix ans à courir après des chimères, (la souveraineté européenne alors qu'on ne sait pas faire respecter la souveraineté de la France...), dix ans où la France a régressé dans presque tous les domaines, sauf ceux que MACRON ne pouvait pas gâter car n'en n'ayant pas le pouvoir (tout en essayant d'y mettre le main comme pour les retraites complémentaires ou les mutuelles...).
Une page à tourner, vite, à oublier, à effacer des livres d'histoire, en espérant que çà ira mieux demain, mais çà n'en prend pas le chemin, tant sont indigentes les propositions des candidats présidentiels et parlementaires.
Alors que faire ? C'est clair. D'abord assurer une véritable alternance au pouvoir du bloc central de centre-gauche, déconsidéré, incapable de se renouveler, prisonnier du en même temps. Éliminer aussi la gauche, à l'origine idéologique de TOUS nos problèmes et qu'il faut contenir durablement dans l'opposition pour l'empêcher définitivement de nuire. Il ne reste plus que l'union des droites, des centristes d'opposition au RN afin d'assurer au pouvoir une forte légitimité populaire. Pas très folichon, certes, mais comment prendre la responsabilité de laisser le RN aller seul au pouvoir, sans d'ailleurs qu'il soit assuré de constituer une majorité à lui tout seul ? Le système politique de la Vè république est construit pour fonctionner sur des coalitions de partis, seules en mesure de rassembler les différentes couches de la société dans un projet commun.


